Les Verts menacent le PS de présenter un candidat par circonscription
Les écologistes se laissent jusqu'à dimanche pour arrêter leur position. QUELLE attitude adopter vis-à-vis du Parti socialiste pour les législatives ? La question a été au coeur des débats du conseil national extraordinaire des Verts, qui s'est tenu hier à huis clos à Paris. Selon un participant, deux « camps » - les « jusqu'au-boutistes » et les « pragmatiques » - se sont vivement opposés.
Jugeant « inacceptable » la proposition orale du PS de leur réserver seulement dix circonscriptions, la direction des Verts, dans une attitude bravache et « jusqu'au-boutiste », s'est dite déterminée à présenter en autonome 577 candidats. Le temps presse : l'ouverture du dépôt des candidatures est en effet fixée au 14 mai. Or, à défaut d'un accord de dernière minute, « l'unité de la gauche, ce n'est pas disparaître derrière le PS », grinçait un cadre.
Finalement, après moult votes, le conseil national a décidé de se réunir à nouveau dimanche, laissant ainsi « une porte ouverte au PS » pour trouver un accord d'ici là.
Démarche « suicidaire »
Un autre cadre, membre du collège exécutif des Verts, déplorait quant à lui « le double jeu » du PS, entre « François Hollande qui dit être à notre écoute et un Bruno Le Roux (chargé des élections au PS, NDLR) qui nous sort des propositions inacceptables ».
Les « pragmatiques », eux, estiment qu'après le 1,53 % des voix obtenu par Dominique Voynet à la présidentielle, il serait « suicidaire » de se montrer trop gourmand.
Pour le député maire de Bègles, Noël Mamère, « il faut que les Verts prennent conscience de la réalité, c'est-à-dire de la défaite de la gauche, et que, pour ne pas disparaître dans ce maelström, ils fassent preuve de plus de pragmatisme ». Sinon, ajoute-t-il, « ce serait la chronique d'une mort annoncée » qui attendrait le parti écologiste.
À défaut d'un accord avec le PS, Noël Mamère suggère donc « une entente » pour au moins sauver les trois sièges sortants, dont le sien - même, si localement, il semble bien ancré. « Après, à nous de nous entendre avec le Parti communiste, qui va perdre son groupe, et les Républicains pour constituer, à côté du PS, un groupe technique à l'Assemblée nationale », dit-il.
Confiant avoir parlé de cette hypothèse avec François Hollande il y a quelques jours, l'ancien candidat des Verts à la présidentielle de 2002 (5,25 % des voix) assure que le responsable socialiste lui « a semblé ouvert à ça ».
Maintenant, pour que l'hypothèse d'« un groupe technique » puisse prendre jour, encore faudrait-il que les députés radicaux de gauche, à condition qu'ils soient en nombre suffisant, acceptent d'y prendre part...
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