Royal priée de choisir entre l'Assemblée et ses principesElle hésite à tenir sa promesse de ne pas être candidate aux législatives. PLUS que quelques jours pour changer d'avis ou pas. Le dépôt des candidatures aux élections législatives s'ouvre le 14 mai et sera clos le 18 mai. Ségolène Royal, qui s'était engagée à ne pas se représenter dans sa circonscription des Deux-Sèvres pour « montrer l'exemple » en refusant de cumuler les mandats de député et de présidente de région, devra trancher rapidement entre respecter sa parole ou tenter de conserver sa place à l'Assemblée.
Forte de sa campagne, l'ancienne prétendante à l'Élysée aspire désormais à incarner l'opposition face au futur chef de l'État Nicolas Sarkozy. Mais comment exister lorsqu'on est loin du Palais Bourbon ? Dans son entourage, certains la pressent de déposer finalement sa candidature aux législatives. « Il en va de l'intérêt supérieur de la gauche », disait l'un d'eux. D'autres estiment que la présidence d'un exécutif régional la maintient au contact des préoccupations concrètes des Français. Et font remarquer qu'en 1995, battu par Jacques Chirac à la présidentielle, Lionel Jospin n'était pas député. Ce qui ne l'avait pas empêché de reprendre la tête du PS et de mener la gauche à la victoire deux ans plus tard.
Dans sa circonscription, le PS a investi la secrétaire nationale à la sécurité Delphine Batho, candidate pour la première fois.
Depuis plusieurs mois, elle arpente Melle et ses environs pour faire accepter son parachutage. Mais le cas échéant, Ségolène Royal n'aura sans doute aucune difficulté à obtenir le retrait de cette proche de Julien Dray. Samedi, lors d'un conseil national, le PS doit entériner définitivement la liste de ses candidats aux législatives. Ségolène Royal devra prendre une décision avant ce week-end.
« Les deux hypothèses sont ouvertes », a expliqué, hier sur RTL, le premier secrétaire du PS, François Hollande. Pour accréditer l'idée qu'elle pourrait renoncer, son compagnon témoigne : « Vous savez son attachement à un certain nombre de principes. »
« Coût politique » Cet argument, c'est du pain bénit pour les adversaires de Royal, qui rêvent de ne pas la voir à l'Assemblée. « C'est le problème de son éthique qui serait posé » si elle revient sur son engagement, assure un député. « Cela aura un coût politique : elle ne peut pas avoir fait campagne sur le non-cumul des mandats et en moins de dix jours revenir dessus. »
Au fond, il s'agit toujours de la même question depuis deux jours : comment Ségolène Royal va-t-elle affirmer son leadership au PS ? « Quand on a eu 17 millions de voix, on est complètement légitime », affirme le sénateur David Assouline. « Rien n'est possible pour l'évolution du PS sans un accord » entre Hollande et elle, a expliqué hier RMC Jean-Louis Bianco.
Pas sûr qu'ils y parviennent. Le premier secrétaire a assuré hier qu'il mènera la campagne des législatives. Et au PS, nombre de responsables contestent la position de leur ancienne candidate. « J'ai de la mémoire, explique le député européen Bernard Poignant. Je me souviens de tout ce qu'on m'a dit en septembre-octobre. » Que Ségolène Royal devait l'emporter.
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